7 Conseils de Peter Lynch pour investir en bourse

J’ai terminé de lire les deux excellents Bestsellers de Peter Lynch « Beating the Street » et « One Up on WallStreet ». Je souhaite ici partager les conseils et les principales citations de Lynch, car je pense que c’est très utile pour tous les investisseurs, surtout en période de doute comme actuellement.

 

Qui est Peter Lynch

 

Tout d’abord, un petit mot sur Peter Lynch pour dresser le portrait de cet homme. Il a été le gérant très talentueux du fond Magellan de Fidelity de 1977 à 1990 avec une performance exceptionnelle de 604% vs 233% pour le S&P500 sur la même période.

 

Peter Lynch investir bourse

Image de Fidelity.com

 

Il n’avait pas peur d’avoir un portefeuille qui contenait simultanément plusieurs centaines d’entreprises (jusqu’à 1400 lignes), et arrivait à battre le marché même avec son extrême diversification.

Il est l’un des fondateurs de l’approche growth moderne avec notamment la création du ratio PEG, qui est une variante intéressante du PER en prenant compte la croissance de l’entreprise.

Il était également convaincu que les investisseurs individuels pouvaient battre les gérants et le marché en faisant preuve de bon sens et en appliquant des méthodes simples.

 

Les 7 conseils de Peter Lynch pour investir en bourse

 

Voici plusieurs de ses conseils et citations (pour les citations je fais des traductions en Français donc ce ne sont pas ses mots à l’exact, mais le sens est là).

 

1 : N’achetez jamais des entreprises que vous ne connaissez pas et ne suivez jamais les conseils des autres sans faire vos propres « devoirs ».

Il faut savoir soi-même pourquoi on achète une entreprise en l’ayant analysé au préalable et en étant capable d’expliquer grossièrement à un enfant le business que fait cette entreprise.

Il souligne que cela peut paraître simple et évident, mais que cette règle est très souvent négligée.

 

2 : Si vous avez un horizon d’investissement à long terme, vous devriez laisser tomber les obligations et tous les supports qui ne rapportent pas grand-chose. Historiquement, la performance à long terme des obligations est 2 fois plus faible que celles des actions.

C’est d’autant plus vrai aujourd’hui avec la baisse des taux qui font que les obligations rapportent de moins en moins par rapport aux actions.

 

3 : Il faut toujours bien diversifier son portefeuille car c’est la meilleure protection contre l’ignorance. Il remarque généralement que sur 5 actions sélectionnées : une performe de manière exceptionnelle, une est un très mauvais investissement, et trois se comportent globalement comme attendu.

 

4 : Ce qui explique la hausse des actions à long terme ne se résume qu’à un mot : les profits, les profits, les profits.

S’il y a une seule chose à vérifier lorsqu’on achète une action, c’est que ses profits augmentent chaque année sur le long terme.

 

5 : Il faut achetez des entreprises en croissance car d’après le point précédent c’est l’une des seules manières d’être certain de gagner de l’argent à long terme.

(Et là il attaque un peu l’Europe) : « Je suis certain aux US de trouver rapidement une centaine d’entreprises dont les bénéfices sont en croissance chaque année depuis 20 ans. En Europe j’aurais du mal à en trouver rien que 10. »

Malheureusement cette remarque qui date d’il y a 30 ans est toujours vraie.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut qu’investir aux US, mais éviter cette zone géographique est une grosse erreur pour la performance boursière.

Il insiste également sur le fait que les entreprises anglo-saxonnes ont un état d’esprit de création de valeur et sont tournées vers les actionnaires, ce qui est beaucoup moins vrai ailleurs dans le monde (pas qu’en Europe mais aussi en Asie).

 

6 : Il ne faut surtout pas chercher à deviner ce que vont faire les cours de bourse ni essayer de timer le marché. Il faut avoir une stratégie et l’appliquer chaque année en privilégiant le DCA (les renforcements mensuels). Si votre stratégie sous performe, ce n’est pas nécessairement le moment d’en changer, car le jour où elle fonctionnera vous aurez pris la baisse mais raté toute la hausse.

 

7 : N’écoutez pas les analystes et soyez attentif autour de vous. Si vous voyez un produit partout et que vous le trouvez très bon, vous n’êtes probablement pas le seul. C’est en raisonnant ainsi que Peter Lynch a fait ses meilleurs investissements.

De nos jours cela donnerait : j’utilise tous les jours Amazon et je ne peux plus m’en passer -> j’achète l’action Amazon.

Tous les ordinateurs sont équipés de Windows et les produits Office sont utilisés dans toutes les entreprises -> j’achète Microsoft.

 

 

Les 6 catégories d’actions en bourse

 

Peter Lynch avait l’habitude de classer chaque entreprise dans une catégorie bien particulière. À noter que ce n’est pas une étiquette définitive et qu’une action peut évoluer d’une catégorie à l’autre.

 

Slow growers : généralement des grosses capitalisations évoluant dans un business mature. Elles étaient souvent des fast growers au début. Elles payent la plupart du temps un dividende assez élevé et ont une croissance de 2-4% par an. Les secteurs classiques sont les utilities, les telecoms. Le point d’entrée est important sur ces valeurs car il faut éviter de les surpayer.

 

Stalwarts (piliers) : ce sont également de grosses capitalisations qui ont une croissance de 5-8% par an. Elles ont souvent un business solide et servent de base au portefeuille. Ce ne sont généralement pas des entreprises très excitantes mais dont les résultats sont réguliers. C’est aussi ce qu’on appelle plus communément les investissements bon père de famille. Elles sont surtout représentées dans les secteurs de la santé, de la conso de base…

Ce sont donc d’excellentes entreprises à avoir en buy&hold et qui protègent bien des récessions.

 

Fast growers : Elles sont les entreprises préférées de Peter Lynch, souvent des midcaps avec une forte croissance. Ce sont les entreprises qui rapportent le plus à long terme. Elles sont néanmoins risquées car souvent chères et elles peuvent à tout moment se transformer en slow grower ce qui ferait fortement chuter leur prix. Le point d’entrée a relativement peu d’importance puisque la croissance fait rapidement jouer le facteur temps en notre faveur. C’est parfait puisque le market timing est impossible.

Pour limiter les risques, Lynch favorisait les entreprises avec une belle croissance mais en étant très regardant sur la qualité de leur bilan financier (trésorerie ou pas trop de dette) ainsi que sur leur marge pour vérifier qu’elles font de vrais bénéfices.

-> ce sont globalement tous les critères de mon screener.

 

Cyclicals : ce sont des entreprises qui arrivent à croître très rapidement en phase d’expansion du cycle, mais dont les profits se cassent la figure à la moindre récession (automobile, compagnies aériennes, secteurs liés aux matières premières…). Ce sont des investissements très complexes puisque non destinés au buy&hold. Il faut les acheter en début de cycle pour profiter de la hausse et vite les revendre avant que les nuages arrivent. Le sens du timing est donc très important. Comme ces entreprises sont généralement volatiles, il vaut mieux privilégier les bigcaps.

 

Asset plays : ce sont des entreprises plutôt banales à l’origine mais qui possèdent un atout particulier qui leur donne un grand avantage (beaucoup de cash, des biens immobiliers de grande valeur, une licence reconnue, la chance d’avoir été là au bon moment pour les chemins de fer…).

 

Turnaround (recovery) : ce sont des entreprises en difficulté qui n’arrivent pas à se développer et dont le business est en déclin. Il arrive parfois qu’elles s’en sortent avec une nouvelle stratégie, un nouveau produit, ou un changement complet de leur business. C’est très complexe de les dénicher car il faut remarquer assez vite que la recovery va fonctionner. Le premier exemple qui me vient en tête est l’entreprise Néerlandaise Philips qui est passé d’un business d’électronique classique à un nouveau business de santé très récemment (et avec succès !).

 

Globalement, pour les investisseurs classiques comme vous et moi, je pense qu’il vaut mieux se cantonner aux 3 premières catégories car les autres me semblent plus spéculatives.

 

Voilà, j’espère que tous ces conseils pleins de sens vous auront intéressé et permis de vous améliorer. Je tâcherais d’en ajouter d’autres au fil de mes futures lectures.

 

 

Me contacter pour une question ou pour la rubrique Conseils Boursiers & Services 🛒 :

etre.riche.et.independant@gmail.com

 

 

N’hésitez pas à poster un commentaire.

Si jamais le commentaire ne s’affiche pas directement, c’est normal car je dois d’abord le valider pour qu’il apparaisse (anti-spam).

Mentions légales : 

Toutes les informations disponibles sur ce blog sont données à titre indicatif et ne sont en aucun cas des conseils d’achats ou des recommandations au sens de l’AMF.

L’auteur ne saurait être tenu responsable des pertes que pourrait engendrer le lecteur et décline toute responsabilité à l’égard des conséquences éventuelles de l’utilisation du blog.

De plus, les informations pourraient ne pas être actualisées et donc ne fournissent aucunes garanties. Il appartient à chacun de vérifier les données personnellement.

15 commentaires

merci pour cet excellent article!

Merci pour cet article.

Petite remarque Matthieu : d’accord les USA sont le meilleur endroit pour investir. Mais en tant que français on se mange 30% d’impôt..
Difficile de vivre des dividendes avec 30% d’impôt a moins d’avoir deja un capital supérieur a 150k €

Vous parlez assez peu de la fiscalité et plus précisément d’optimisation fiscale.

Pourtant, reduire l’impôt de 30% sur les dividendes pefmet de plus gros revenus passifs. Vous connaissez forcément des astuces

Bonsoir Steeve,

Préférez vous payer 30% de fiscalité sur des entreprises avec des dividendes croissants depuis plus de 30-40-50 ans qui sont très solides et leader mondiales, ou 17,2% (ne jamais oublier la csg…) sur des entreprises Françaises qui les coupent à la moindre crise ou demande de l’Etat ?

L’optimisation fiscale n’est pas toujours là où on l’attend. Je le répète souvent mais la fiscalité ne dois jamais être le critère numéro 1 pour investir.

Première astuce : Remplir le formulaire W-8BEN qui permet de passer à 15 % déductibles de votre impôt français.
Si vous parlez bien de ces 30 %-là.

Oui mais même en le remplissant la fiscalité sera de 30% avec la flat tax (on récupère les 15% de précompte mais on doit encore l’impôt Français).

Effectivement, néanmoins je pense que ces 13% de différence sont énorme et qu’il faudra de nombreuses années de croissance de dividende us pour compenser cette différence.

Peut-être que je me trompe mais ce sera l’occasion de développer un bon sujet de blog, tableau exel a l’appui non ? 😉

Les bénéfices US croissent en moyenne 50% plus vite qu’en Europe et cela chaque année. J’ai déjà donné plusieurs exemples dans des articles passés. Il n’y a qu’à comparer les performances du Stoxx600 et du S&P500 et on comprend vite l’histoire 😉

Bonjour Matthieu,
Tout d’abord je voudrais vous remercier pour les informations que vous partager sur votre site.
Je voudrais vous poser une question concernant  » l’investissement » via IPO.
Que pensez-vous à ce propos ?
Merci d’avance pour votre réponse et encore merci pour ce que vous faite.

Bonjour,

Si vous évoquez les IPO (introduction en bourse), j’évite généralement à titre personnel car :

– Elles sont souvent faites à des prix trop élevés (dirigeants trop gourmands de lever des fonds). Statistiquement le prix chute souvent après l’introduction.

– Aucun track record de publication et donc de bonne gestion de l’entreprise. J’aime généralement attendre plusieurs années afin d’analyser les résultats (je n’aime pas acheter à l’aveugle).

Bonjour Matthieu,
Vous avez pendant la crise cloturé votre assurance vie, puis vous en avez recouvert une récemment.
Pouvez-vous nous donner plus d’informations sur cette manœuvre ?

Finalement pourquoi utiliser un CTO fiscalisé a 30% alors que l’assurance vie est moins fiscalisé ?

Par ailleurs, pourquoi ne mentionner vous pas votre AV dans votre reporting mensuel ?

Cordialement

Bonjour Steeve,

Je n’ai rien cloturé du tout. J’avais simplement environ 30k€ sur une AV en fonds immobilier. J’ai donc sorti la quasi-totalité de l’argent pour l’investir en bourse fin mars. Je ne regrette pas cette opération puisque la bourse a remonté de plus de 20%, rendement que j’aurais obtenu en 6 ans minimum avec les SCPI…

Mon reporting ne concerne que les actions, qui représentent plus de 80% de mon patrimoine.

Bonjour Matthieu,
Je vais me lancer dans l’investissement en bourse, 6000 € pour commencer la création de mon premier portfolio, puis 400€ par mois pour l’alimenter. J’hesitais entre deux options, mais à la lecture de cet article je pense partir sur l’option nr 2, qu’en pense tu?
Option nr 1 : acheter environ 1000€ de ces six actions: total, air liquid, sanofi, essilor-luxottica,danone,l’oreal
Option nr2: acheter les mêmes actions de l’option 1 mais pour environ 500€ et rajouter lvmh, Dassault système,Vinci, arkema pour environ le même montant. Pense tu que pour une première création je m’eparpille trop avec de sommes trop modeste ou bien que 11 actions constituent un bon début? Je pourrai eventualement monter à 10.000€ pour la création, mais sans plus de liquidité à investir rapidement si des belles occasions se présentent (je parle bien de sommes à investir dont je n’ai pas besoin, l’épargne de précaution lui n’est pas touché)
Merci beaucoup pour ta réponse et un grand bravo pour ton site, aprés avoir fait beaucoup de recherches, je trouve qu’il est, à mon humble avis, le meilleure.

Bonjour,

Merci pour ces compliments 🙂
À votre place je partirais sur l’option n°2 également. Des lignes à 500€ me semblent OK (éviter de descendre en dessous par contre). Cela vous permettra d’avoir une meilleure diversification dès le début, ce qui me semble important.

Bonsoir Matthieu,
Je relève quelques dissonances entre le livre de Peter Lynch ‘Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse’ et vôtre stratégie :

La première est le fait que Peter Lynch préconise de fuir les PER trop élevés et je constate que certaines de vos ligne ont un PER >50

La deuxième est qu’il insinue que pour réaliser des ’10 baggers’ il faut notamment sourcer des moyenne caps peu connue du grand public. Votre portefeuille semble essentiellement contenir des blue chips.

Je me doute que vous n’appliquez pas a la lettre vos lectures mais pouvez-vous nous préciser pourquoi vous avez choisi de faire différemment ?

Bonsoir Steeve,

L’époque actuelle est assez différente de celle de Lynch. Avec les taux négatifs, cela pousse à la hausse les actions et tout le marché devient cher. C’est un sans précédent car une abérration économique. À savoir également que les entreprises à l’époque de Lynch était surtout industrielles. Avec une économie tournée vers la croissance et les technologies il n’est pas anormal qu’elles soient plus chères. Attention également car le PER ne prend pas en compte la trésorerie.

Sinon pour le midcaps, mon portefeuille en contient plusieurs. Mais pour les multibaggers ce n’est pas une nécessité, les GAFAM le prouvent bien.

Laisser un commentaire