Le PEA est l’une des enveloppes les plus avantageuses en France pour l’investissement en bourse. En effet, celle-ci permet après 5 ans de profiter d’avantages fiscaux et donc de maximiser les intérêts composés.
Bien que le nombre de produit théoriquement éligible est réduit, il est actuellement possible (via une voie détournée) d’investir sur des produits hors Europe (ETF synthétique / indirect) comme les Etats-Unis ou l’Asie. Cependant, Bercy compte a priori remettre cela en cause et il se pourrait donc que l’on ne puisse plus y avoir accès prochainement.
Les avantages du PEA et critères d’éligibilité
Le PEA est actuellement le produit fiscal le plus intéressant pour investir en bourse en France. Voici un petit rappel des règles :
- Somme des versements plafonnés à 150 000€
- Si retrait d’argent avant 5 ans, le PEA est cassé et vous serez fiscalisés sur les plus-values au barême classique (flat tax 31.4% depuis 2026)
- Si retrait d’argent après 5 ans, le PEA reste ouvert et vous pouvez continuer d’y faire des versements. Vous ne serez fiscalisés sur les plus-values qu’à la CSG (18.6% depuis 2026).
- Tous les arbitrages effectués dans le PEA, si réalisés sans retrait d’argent, ne sont pas fiscalisés, même si vous étiez en plus-values => C’EST CERTAINEMENT LE PLUS GROS AVANTAGE DU PEA (bien plus efficace que l’écart de fiscalité de sortie)
- En contrepartie de ces avantages, les titres éligibles sont assez restreints : uniquement les entreprises dont leur siège est basé dans l’UE
Vous comprenez donc bien qu’en théorie, il est impossible d’investir dans des entreprises Américaines via le PEA. C’est d’ailleurs le but de l’avantage fiscal : privilégier le marché domestique Français / Européen en échange d’une fiscalité plus douce.
Cependant, grâce à l’intelligence financière, il est possible via des ETF synthétiques / indirects de répliquer les performances d’indices hors Europe. Vous trouverez ici le détail du fonctionnement des ETF à réplication indirecte.
Pour faire simple, voici le principe :
1- l’émetteur achète des actions Européennes respectant l’éligibilité au PEA
2- il passe un contrat de SWAP avec une contre-partie qui elle détient les actions de l’indice souhaité (prenons les actions américaines pour le S&P500)
3- l’ETF va répliquer la performance des actions Européennes et non celles détenues en direct
4- l’émetteur ou la contrepartie vont généralement shorter (vendre) les actions réellement détenues afin de rester neutre et d’éviter les pertes en cas de baisse
Il n’y a donc pas vraiment de création de valeur pour l’Europe.
L’Etat pourrait interdire la réplication indirecte sur PEA
Le sénateur Hervé Maurey a interrogé récemment le Gouvernement en mettant sur la table le sujet des ETF synthétiques répliquant des indices hors Europe.
Le gouvernement (via Bercy) a répondu de manière peu rassurante en disant qu’ils étudiaient sérieusement la piste d’interdir ces ETF. La réponde de Bercy n’a pas encore été officiellement confirmée, mais c’est une possibilité à envisager.
Est-ce que le gouvernement ne comprend pas bien ce type de réplication, ce qui pourrait peser injustement sur la balance, ou est-il réellement prêt à l’interdire en connaissance de cause, je n’en ai aucune idée.
Cependant, en tant qu’investisseur long terme, il faut y faire bien attention car cela pourrait totalement transformer une stratégie d’investissement, c’est ce que nous allons voir.
Pourquoi il faudrait sortir du PEA dans ce cas
Sur les 20 dernières années, la performance du marché Américain est nettement supérieure à celle de l’Europe.
Faisons l’hypothèse qu’il ne soit plus possible d’investir sur les US en PEA.
Regardez ces graphiques sur 15 ans (démarrage en 2011) du MSCI USA et du MSCI Europe.


10 000€ placés sur le MSCI USA seraient devenus aujourd’hui 74 314€
10 000€ placés sur le MSCI Europe seraient devenus aujourd’hui 29 645€
En considérant maintenant une fiscalité sur les plus-values de 31.4% sur le marché Américain et de 18.6% sur l’Europe, voyons ce que cela donnerait.
US : 64 315€ de PV donc montant final après taxes à 54 120€
Europe : 19 645€ de PV donc montant final après taxes à 25 991€
Certes le passé ne fait pas toujours le futur, mais on voit bien que malgré la fiscalité supérieure, le marché US reste de loin plus intéressant.
Conclusion
Ma conclusion est que si les ETF indirects sont interdits sur PEA (autrement dit impossibilité d’investir sur le marché US), je prendrais personnellement la décision de clôturer mon PEA. Il vaut mieux payer plus d’impôts sur un investissement supérieur qu’une réduction fiscale sur un investissement peu performant.
Dans mon cas personnel, ayant encore au maximum 50 000€ à mettre sur PEA pour le remplir, je vais stopper mes versements tant que la situation reste floue sur le sujet. Je n’ai pas envie de bloquer de l’argent pour devoir ensuite casser le PEA et être forcé de payer de la CSG pour arbitrer l’argent ailleurs.
Date Publication : 12/07/2026
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Bonjour Matthieu,
Cela fait quand même quelques temps que ces bruits de couloir circulent… mais je pense que l’interdiction des ETF synthétiques hors Europe finira par arriver.
Père de deux jeunes enfants, j’ai personnellement revu ma façon d’investir. Je favorise désormais le CTO avec des ETF comme CSPX ou IWDA. Cela me permettra également de transmettre ces titres à mes enfants et donc d’annuler les PV.
Bonjour Sylvain
Tout est possible dans ce pays. Sachant qu’en parallèle la CSG atteint bientôt 20%…
Je pense que mes futurs achats d’ETF seront également sur le CTO. Je ne casse pas le PEA tant que les ETF sont dispo, mais si ça n’était plus le cas je jhesiterais pas. Pere egalement de deux enfants, la transmission des titres en CTO peut en effet avoir un intérêt fiscal puissant.
Je partage également entre PEA et CTO jusque là.
IUSQ et FWIA pour ma part sur CTO.
Bonsoir,
Tous cela n’a vraiment aucun sens. Comme tu le rappelles, les émétteurs des ETF synthétiques détiennent des actions éligibles au PEA, on ne fait que profiter de la performance des US !
Selon moi il ne pourrait y avoir que ces raisons pour que cette interdiction se produise :
Désespérant ce pays.
Bonjour Raphaël
En général la contrepartie short les actions Européennes pour éviter de s’exposer à un risque de perte. Par conséquent, c’est comme si aucun investissement n’était fait sur l’Europe (long + short s’annule, alors que long only sur US).
Pour moi les raisons sont multiples :
1 – incompréhension des hommes politiques sur le sujets, mais ils sont loins d’etre idiots si on leur explique donc j’y crois moyennement
2 – forcer les gens à aller vers du plus taxé ?
3 – inciter les gens à investir d’avantage sur nos entreprises. Mais ça serait étonnant aussi car l’investissement est mal vu en France et l’état taxe déjà massivement ces même sociétés.
En tout cas pour moi, bloquer 200k€ sur des entreprises Européennes, no way !
Merci pour la précision long/short, je ne savais pas du tout.
Ton point 2 est tout à fait valable 🙂
Et il n’y a guère de colonne vertébral en France, trop de divisions. Quand la gauche tape sur les profits des grandes entreprises, l’Etat aime quand même bien rappeler tous les milliards que ses participations lui rapportent en dividendes. Ça devrait faire tilt chez la gauche… mais non, ça ne les arrange pas vis à vis de leur clientèle.
Actuellement investi à 100 % sur l’ETF ESE de BNP Paribas, je considère que, même si les ETF synthétiques venaient à être exclus du PEA, je ne clôturerais pas cette enveloppe. La plus-value latente est aujourd’hui si importante que je n’envisage pas de déclencher les prélèvements sociaux en procédant à un retrait.
Dans cette hypothèse, je réorienterais progressivement le portefeuille vers une dizaine d’actions, majoritairement des valeurs de qualité détenues dans une optique de long terme « en bon père de famille », avec pour objectif un rendement annualisé, dividendes réinvestis, de l’ordre de 8 à 9 %.
Cette stratégie se traduirait néanmoins par une perte significative de diversification, le portefeuille étant alors concentré sur une dizaine de valeurs seulement. En parallèle, je poursuivrais mes investissements sur mon CTO ainsi que sur mon PER bancaire, afin de conserver une large diversification géographique et sectorielle grâce aux ETF.
Bonjour
Oui cela reste une option de conserver quelques actions type Air Liquide, l’Oréal, LVMH etc…
Mais les actions de qualité en Europe se comptent sur les doigts des mains. Et donc la perte de diversification est importante. Ayant par exemple près de 200k€ sur PEA, cela voudrait dire des lignes de 20k€ par action (à titre illustratif) donc une exposition significative à certains risque. Et rien de garanti que ces actions continueront de bien performer (surtout dans l’environnement Européen actuel).
Et si l’on regarde l’indiciel (pour éviter le biais de quelques lignes), la performance de l’Europe est catastrophique et à mon sens il vaut mieux payer des taxes piur sortir que de bloquer des placements moyens sur des décennies. Les 2 graphiques de l’article l’illistrent bien
Je suis entièrement d’accord avec vous, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis à 100% investi sur un ETF qui réplique le S&P 500. En revanche, si ces ETF deviennent interdits dans un PEA, j’opterai pour des actions françaises ( et non européennes ) pour avoir 100 % du dividende, et avec des critères bien précis ( aucune société dans laquelle l’État est actionnaire, aucune banque Française, une diversification sectorielle et géographique, un management stable… ). je pense notamment à Air Liquide, Vinci, LVMH, L’Oreal, Sanofi, Legrand… ( J’écarterai tout ETF CAC 40 ou Europe qui sont beaucoup trop dilués )
Sur les trente dernières années, ces entreprises ont délivré, dividendes réinvestis, des performances annualisées de l’ordre de 8 à 9 % selon les sociétés. Bien entendu, les performances passées ne préjugent pas des performances futures, mais elles permettent tout de même d’apprécier leur capacité à créer de la valeur sur le long terme.
Pour l’instant, je reste pleinement investi sur ESE. L’avenir dira s’il sera nécessaire d’adapter cette stratégie.
Comme vous je suis investi a 100% SP500! via le PEA. si les ETF à réplications indirectes deviennent interdits dans le PEA, je bascule une partie sur une assurance vie multi support et le CTO.
Etant donné que la fiscalité en France reste instable, c’est mieux d’être reparti sur plusieurs enveloppes fiscales.
En attendant, et pour info, Amundi a sorti le « Amundi PEA Global (MSCI ACWI) UCITS ETF » (GPEA).
Bonjour à tous,
Reste également l’option Assurance Vie. Certes il y a les frais UC mais si l’investissement sur ETF synthétiques reste permis alors pourquoi s’en priver.
Personnellement j’investis sur PEA, PER et deux assurances vie et uniquement en indiciel (sp500 dans un premier temps puis World aujourd’hui).
J’ai toujours mon CTO ouvert mais je n’investis plus dessus.
A suivre donc
Bonjour
Tout dépend de l’horizon d’investissement mais s’il est long (>10 ou 20 ans), les frais de gestion de l’AV pèsent nettement plus lourds que la fiscalité de sortie du CTO. Surtout que ces frais sont proportionnel au capital et non aux PV, à payer chaque année quelle que soit la performance. Cela empeche donc les intérêts composés de travailler ce qui est la plus puissante arme avec le temps.
Lucya cnp à 0.30% de frais de gestion , 1 etf 500 à 0.03% et 1 etf world à 0.06 %, on reste à hauteur d’1 cw8 avec tous les avantages de l’AV en terme d’enveloppe et de succession…
Bonjour Bruno
0.3% est en effet excellent et très rare meme chez les très bonnes AV en ligne où on tourne généralement à 0.5%.
Dans tous les cas c’est un calcul à faire dependant du nombre d’année d’horizon : x% de frais annuel sur tout le capital chaque année +csg à payer à la sortie (sous réserve de 4600€ de PV par an) ou uniquement impot à payer à la sortie à taux plus élevé que la csg (mais abattement possible pour durée de détention). Le facteur est l’horizon de temps, et il y a croisement au bout d’un certain nombre d’année. À grosse maille (calcul à faire) sur moins de 20 ans l’AV gagne, au delà le CTO.