La stratégie value ne fonctionne plus en bourse

L’approche value en bourse consiste à dénicher des actions fortement décotées, oubliées par les investisseurs.

Ces actions doivent être un minimum profitables et leur ratio de valorisation doit être aussi faible que possible.

Cette méthode d’investissement a été très rentable dans le passé, mais il s’avère qu’elle ne l’est plus vraiment désormais.

Nous allons voir pourquoi dans cet article.

La stratégie value en bourse

L’approche value a été initiée par le célèbre investisseur Américain Benjamin Graham. Celui-ci a obtenu des retours très impressionnant (environ 17% par an en moyenne sur une période de 30 ans).

Il a écrit plusieurs livres dont les plus célèbres sont  « Security Analysis » en 1934 et surtout le fameux « The Intelligent Investor » en 1949.

Il a été le mentor de Warren Buffet qui a poursuivi ses travaux et surtout popularisé l’approche value dont le fonctionnement est évoqué dans les livres mentionnés plus haut.

Warren Buffet Value Bourse

 

Warren Buffet a lui aussi réussi à obtenir des retours surperformant largement le S&P500 sur une longue durée, portant ainsi la stratégie value aux sommets.

Voici l’évolution de sa holding Berkshire Hathaway en comparaison avec le S&P500 :

 

Bourse Berkshire Hathaway

 

 

Les mauvaises performances de l’approche value aujourd’hui

 

Depuis les 10 à 20 dernières années, l’approche value a largement sous-performé le marché.

En effet, voici l’évolution du MSCI World Value depuis 20 ans :

 

MSCI World Value Index

On voit bien que la performance est très mauvaise depuis environ 20 ans, et que l’indice value est battu sur 10 ans, 5 ans, 3 ans, 1 an…

Il est pourtant simple de comprendre l’intérêt de chercher des sociétés de qualité et fortement décotées.

Cependant, à notre époque avec internet et la masse d’informations disponibles à tout instant, c’est devenu quasiment impossible.

À l’époque, peu de gens avaient accès facilement et librement à l’information et il était donc difficile à trouver de belles sociétés de qualité décotées. Mais pour ceux qui y arrivait, c’était rémunérateur.

Avec internet, les screeners, les comparateurs, il est très simple d’accéder aux fondamentaux des entreprises et de les mettre en rapport avec les ratios de valorisations.

Voici par exemple le genre de classement qu’il est possible d’obtenir en moins de 30 secondes sur Zonebourse en recherchant les entreprises françaises peu chères avec une notation sur le reste de leur fondamentaux :

 

Screener actions value bourse

 

Il faut bien imaginer que si une société avait des fondamentaux merveilleux et était très décotée, elle ne le resterait pas longtemps vu le nombre d’intervenants sur le marché. Il ne faut pas s’imaginer que vous êtes le seul à tout voir et que le reste du monde est aveugle…

On peut donc imaginer qu’il ne reste plus que les « vieux mégots de cigarette » dont personne ne veut dans la catégorie value. J’exagère grossièrement et volontairement le trait pour donner mon point de vue, mais un important fond de vérité se cache ici.

 

 

Conclusion :

L’approche value a été un mode d’investissement très performant dans le passé parce qu’il est plein de bon sens.

Il semble logique de vouloir acheter des actions rentables à prix décoté, et c’était possible de le faire au siècle dernier car il y avait beaucoup moins d’intervenants sur le marché.

Cependant, à l’heure actuelle avec l’abondance de données, d’informations en tout genre, la façon d’investir a évolué.

On peut donc se demander : la stratégie value est-elle totalement morte aujourd’hui ou tout simplement endormie et reprendra sa splendeur dans le futur ?

L’avenir nous le dira, mais à titre personnel je n’y crois plus.

Remarque :  attention, cela ne signifie pas qu’il faut acheter n’importe quelle valeur à n’importe quel prix. La valorisation d’une action est toujours quelque chose de primordial dans l’investissement en bourse. L’article aborde uniquement la stratégie value qui consiste à acheter des actions peu chères en absolu et non pas en relatif avec leur ratio de valorisation historique.

Me contacter :  etre.riche.et.independant@gmail.com

 

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2 commentaires

Merci pour cet article ! C’est vrai qu’on a plutôt tendance à lire qu’une rotation va finir par se produire pour un retour en force des valeurs value. Donc c’est intéressant que tu prennes le parti pris d’une poursuite des mauvaises performances des valeurs values.
Aujourd’hui l’écart de valorisation est déjà très important entre les valeurs growths et les valeurs value (il n’a jamais été aussi élevé je crois ?).
Est-ce que tu penses vraiment que c’est soutenable à long terme ? Parce que si ça continue comme ça les valeurs growth vont se payer 10 fois plus chères que les valeurs value et je me dis qu’il y a bien une limite et qu’à un moment on aura un rééquilibrage…

Je suis tout sauf un expert mais mon avis c’est que les valeurs growth se paient très cher parce que la dernière crise remonte à il y a plus de 10 ans. Le jour où la crise va arriver les valeurs grwoth vont-etre massacrées et les value résisteront mieux. Je me permets donc de douter que la surperformance des valeurs growth soit une tendance de fond.
Qu’est-ce que tu en penses ?

Re Antoine,

C’est un vaste débat ! Je pense que ce qui explique principalement la performance en bourse c’est les publications de résultats, et donc la croissance future. Les belles valeurs sont souvent très chères car leur croissance est supérieure à la moyenne et surtout qu’elles ont une visibilité assez forte. C’est sûr qu’à ce stade du cycle économique, la visibilité est importante. Prenons l’exemple de LVMH, valeur très chère(PER estimé de 26). Êtes-vous plus confiant sur cette valeur en cas de crise qui résistera bien, qui a même des chances de croître ou alors sur Renault qui est très cyclique (PER de 5 ou 6) mais dont les profits peuvent être divisés par 2 ou 3 d’un coup ? Si les profits sont divisés par 3, le PER passera d’un coup à 18.

Je pense que le marché peut se tromper sur de courtes périodes (réactions souvent excessives en cas de mauvais résultats ou autre), mais qu’il est globalement efficient sur le long terme. Hermès s’échange à un PER de 40 depuis des décennies, Renault à 5-10 sur la même période. Je pense que si une anomalie de marché existait, les milliers (millions ?) d’intervenants sur le marché l’auraient vite détectés. Ce n’est bien sûr que mon opinion. Mais oui je confirme il n’y a jamais eu autant d’écart entre growth et value. De même qu’entre big caps et small caps actuellement. L’état d’avancement du cycle y joue tout de même un rôle non négligeable.

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